Le destin de John Lennon, tout le monde le connait.
L’enfance douloureuse, la rencontre avec Mc Cartney quand ils étaient ados, les
débuts, la Beatlemania, "Nous sommes plus célèbres que Jesus", Yoko Ono, la lutte
pour la paix, Imagine, et puis ce sombre jour où un fan fou l’a abattu au pied
de son immeuble.
On sait tout, pourtant il continue de fasciner. De tous les
Beatles, Lennon était peut-être le plus torturé, le plus mal dans sa peau. Et
sa mort tragique a renforcé cette impression que l’on a, qu’il a toujours été
insaisissable, qu’il a cherché à échapper aux cases dans lesquelles on essayait
de le ranger.
David Foenkinos, l’auteur français de La Délicatesse nous
offre une biographie romancée de lui, en imaginant ce que Lennon aurait eu à
nous dire s’il avait pu parler avant de mourir.
Sous forme de monologue, il retrace donc sa vie, parle de
ses souffrances, ses parents qui l’ont abandonné, de ses angoisses créées par
la célébrité, de ses amis qui ne sont plus là, de sa nouvelle vie qui contraste
tant avec l’ancienne du temps de la Beatlemania.
"Je ressens profondément l'absence de ma mère. Je me sens seul, et c'est de cette solitude-là que tout a découlé. C'est pour ça que les Beatles ont marché. Le socle du groupe, c'est ma solitude. Ma nécessité de vivre avec eux pour survivre."
"Je ressens profondément l'absence de ma mère. Je me sens seul, et c'est de cette solitude-là que tout a découlé. C'est pour ça que les Beatles ont marché. Le socle du groupe, c'est ma solitude. Ma nécessité de vivre avec eux pour survivre."
Il y a bien sur une part fictive, une projection de la part
de l’auteur sur ce qu’a pu penser Lennon, mais elle reste cohérente et se
rattache à de nombreuses anecdotes. J’ai l’impression de ne pas avoir appris
grand-chose, Foenkinos semble s’être basé notamment sur la biographie de Lennon
écrite par sa première femme que j’avais lue.
Mais ça n’enlève rien du plaisir, car son style est vraiment
agréable et colle à l’univers de Lennon.
"J'étais le roi du monde ce jour là. Je faisais quelque chose que j'aimais, tout le monde me regardait, les filles gloussaient, je buvais et je crachais, j'allais réveiller cette foutue ville de Liverpool. Après avoir joué, on s'est retrouvés tous ensemble.
Ivan, un de mes potes, est venu me voir. Il était accompagné d'un gamin. Avec une tête de beau gosse en gestation. Je suis resté un instant à les regarder. Ivan a simplement dit : "je veux te présenter quelqu'un. Il s'appelle Paul." Alors ce Paul m'a tendu la main en se présentant : "Paul McCartney." Et voilà...
C'est là que Paul est entré dans ma vie. C'est là que le destin m'a chatouillé de sa grâce. Est-ce que sans lui je serais allé si loin ? Je ne sais pas. Mais bon, à cet instant, je ne pouvais pas vraiment me douter de la suite. Si vous aviez vu sa tête, une sorte de moustique puceau, c'était pas gagné d'avance."
Une belle lecture pour ceux qui apprécient cet artiste, qui,
que l’on l’apprécie ou pas sur le plan humain, avait tout de même un vrai génie
musical. Pour ceux qui le connaissent peu, ce sera également l’occasion de
découvrir la vie exceptionnelle qu’il a eue."J'étais le roi du monde ce jour là. Je faisais quelque chose que j'aimais, tout le monde me regardait, les filles gloussaient, je buvais et je crachais, j'allais réveiller cette foutue ville de Liverpool. Après avoir joué, on s'est retrouvés tous ensemble.
Ivan, un de mes potes, est venu me voir. Il était accompagné d'un gamin. Avec une tête de beau gosse en gestation. Je suis resté un instant à les regarder. Ivan a simplement dit : "je veux te présenter quelqu'un. Il s'appelle Paul." Alors ce Paul m'a tendu la main en se présentant : "Paul McCartney." Et voilà...
C'est là que Paul est entré dans ma vie. C'est là que le destin m'a chatouillé de sa grâce. Est-ce que sans lui je serais allé si loin ? Je ne sais pas. Mais bon, à cet instant, je ne pouvais pas vraiment me douter de la suite. Si vous aviez vu sa tête, une sorte de moustique puceau, c'était pas gagné d'avance."
J’ai bien sur écouté les Beatles et les œuvres en solo de
Lennon pendant cette lecture !
Celle que je vous propose d’écouter est une des plus
personnelles de Lennon, sur sa blessure causée par l’absence de ses parents.
« Mother,
you had me, but I never had you »
Une phrase qui en si peu de mots en dit tant…











