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mardi 22 mai 2012

Via temporis, tome 1 : Opération Marie-Antoinette, Joslan F. Keller


Comment me donner envie de lire un livre ?
Facile : vous prenez une histoire de voyage dans le temps, et vous en profitez pour envoyer les héros à l’époque de Louis XVI et Marie-Antoinette (paradoxalement, ça ne se voit pas du tout sur ce blog, mais ce sont deux choses qui me fascinent).

Ce qui explique pourquoi j’avais repéré depuis un moment Via temporis : opération Marie-Antoinette et que j’ai foncé dessus comme un seul homme quand je l’ai trouvé à la bibliothèque !

On suit Charlotte et Mathias, deux étudiants de la Sorbonne amoureux, qui rencontrent un jour un vieux monsieur qui a besoin de leur aide pour résoudre des énigmes historiques… Les voilà embarqués dans de folles aventures quand ils découvrent que ce monsieur possède une machine à remonter le temps ! L’occasion rêvée de découvrir la France de la Révolution…

Ce roman m’a évoqué les lectures de ma jeunesse : Fantômette et Alice, mes deux enquêteuses préférées. Cependant, cette association d’idées prouve quelque chose : le récit a un côté désuet et les personnages manquent à mon gout un peu de profondeur. Sans doute à cause de leur âge (ce sont des étudiants, ils ont donc au moins 18 ans) et de la couverture, j’ai au début cru ce roman pour les ados, mais non, il s’adresse vraiment aux enfants à partir de 9 ans. Ces bémols ne les dérangeront donc pas comme ils m’ont dérangée !


Ce roman est avant tout une incursion dans la France de la Révolution, et une occasion ludique de rencontrer de nombreux personnages de l’époque : Louis XVI et Marie-Antoinette évidemment, mais aussi les écrivains Choderlos de Laclos et Sade, la révolutionnaire Olympe de Gouges… 

J’ai trouvé les références aux événements historiques un peu trop didactiques au début, amenées de façon pataude, mais le récit se fluidifie par la suite et devient plus cohérent.
Bien sur, les énigmes sont résolues de manière un peu trop facile, mais encore une fois, je me dis que c’est mon point de vue adulte qui me fait dire ça et qu’un enfant adorera ce roman pour son suspense, ses personnages et la plongée ludique dans notre histoire qu’il permet !

On retrouvera les personnages dans un second tome écrit par un autre auteur. La collection a en effet pour objectif de mettre en avant de jeunes écrivains français inconnus du grand public…

dimanche 25 décembre 2011

La princesse effacée, Alexandra de Broca



Au sortir de la Révolution française, toute la famille royale a été décimée. Seule rescapée de la Terreur, Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, est détenue à la prison du Temple. Barras, député de la Convention, exige que Renée Chantereine, une simple femme du peuple, prenne soin de la descendante des Bourbons. En découvrant cette jeune fille totalement abandonnée et terrorisée, Chantereine prend pitié d'elle et, avec le temps, parvient à gagner sa confiance. 


Tout d'abord merci à Livraddict et aux éditions Points. Une fois de plus, un partenariat m'a permis de découvrir un roman à côté duquel je serais totalement passée, ce qui aurait été vraiment dommage.


Si je m’intéresse à l’histoire, dans la période de l’Ancien Régime, il n’y a aucun roi qui me fascine autant que Louis XVI, ainsi bien entendu que son épouse, la célèbre reine Marie Antoinette. Sans doute parce que l’histoire telle qu’on nous l’enseigne à l’école porte au fond un message très républicain, et que c’est en grandissant que j’ai exploré les nuances moins

Ce roman nous conte l’histoire de Marie-Thérèse, la fille de Louis XVI et Marie Antoinette, dont on ne sait pas grand chose (ou plutôt elle a été oubliée). J’ai appris de nombreuses choses en lisant son histoire (je ne savais même pas qu’elle avait survécu, je ne sais pas pourquoi, je pensais qu’elle était morte à peu près au même moment que son frère...), qui est autant fascinante qu’elle est terrifiante.
Le style d’Alexandra de Broca est vivant, entrainant. On se plonge dès le début dans le récit, qui se laisse dévorer avec plaisir jusqu’au bout.
Les personnages sont intéressants, surtout Marie-Thérèse qui reste difficile à cerner jusqu’au bout. Son récit ne peut que toucher (l'histoire de la princesse de Lamballe en particulier, découpée vivante par la foule, m'a fait frémir et est resté, car j'ai continué d'y penser après avoir fini ma lecture), mais elle se montre parfois froide, méprisante, insupportable. Renée Chantereine est une figure profondément humaine, qui ne peut s’empêcher de s’attacher à cette fille de roi, qui ne sait que choisir entre son statut royal et sa condition actuelle de prisonnière.

Si j’apprécie beaucoup les romans historiques, ils ont toujours un inconvénient : ce n’est souvent pas facile de savoir où est la part de vérité historique et la part de fiction. L’approche de l’histoire de la fin de la monarchie absolue et de la Révolution se fait selon le point de vue de Marie-Thérèse et est donc forcément partial. Cependant, j’ai trouvé souvent le roman un peu trop pro-royaliste (surtout par rapport à Louis XVI qui est présenté comme un saint) et jouant sur la corde des sentiments, ce qui m’a un peu dérangée, bien que je comprenne que cela mette en avant les pensées de Marie-Thérèse qui prenait partie pour sa famille.

En résumé, un excellent roman, très agréable à lire et fascinant pour découvrir la Révolution sous un point de vue original. Encore merci à Livraddict et aux éditions Points de m’avoir permis de découvrir ce roman.
Ce roman a également gagné le prix Griffe noire du meilleur roman historique de 2011 !

Ce livre a été une LC avec Sofia et Tachas dont vous pouvez lire les avis déjà publiés (désolée pour le retard les filles !) 

lundi 7 novembre 2011

Les colombes du roi soleil, tome 2 : Le secret de Louise



On retrouve nos petites demoiselles de Saint-Cyr, des jeunes filles de familles nobles mais ruinées ou désargentées, qui sont élevées par l’école fondée par Madame de Maintenon.
Cependant, cette fois-ci, on se consacre sur une des héroines, et le roman devient raconté à la première personne : Louise de Maisonblanche, une jeune fille à la voix pure et cristalline, qui ne connaissait pas ses parents jusqu’à ce que l’on lui apprenne qu’elle est la fille… du roi Louis XIV !
Dans ce tome-ci, Louise quitte l’école de Saint-Cyr et ses compagnes pour devenir demoiselle d’honneur de la reine d’Angleterre exilée en France, qui a remarqué ses talents de chanteuse et veut en profiter… Louise en profitera pour chercher à savoir qui est sa mère, et ne sera pas au bout de ses surprises !

On retrouve bien l’ambiance qui a été mise en place dans le premier tome, mais pourtant pas mal de choses changent : à commencer par le fait que l’on n’est plus à Saint-Cyr mais que notre héroïne se retrouve loin de ses amies. C’est dommage car j’aimais bien l’ambiance salles de classe – cancans à la récréation et l’amitié entre les filles.
Le tout reste très jeunesse et est un peu trop facile pour moi à certains moments : tous les problèmes de Louise s’évanouissent en un battement de cil (du roi, certes, mais tout de même !) et les sentiments amoureux me semblent sortir de nulle part (eh oui j’aime bien voir les personnages ramer dans leur amour avant que tout ne finisse bien
).
Mais ce que j’aime dans cette série, c’est l’ambiance à la cour de Louis XIV : les robes, les rubans dans les cheveux, l’étiquette… on découvre avec les jeunes filles les somptueuses fêtes de Versailles où l’alcool coule à flot et où les tables sont chargées de nourriture. C’est une époque qui me fascine, et plonger dedans est toujours agréable. Anne-Marie Desplat-Duc met également les arts en valeur : dans le premier tome, c’était le milieu du théâtre, puisque Racine montait une pièce pour les jeunes filles de Saint-Cyr, cette fois on est baignée dans l’ambiance musicale de l’époque, puisque Louise se consacre à sa passion et est aidée par de nombreux compositeurs et musiciens.

A recommander pour les plus jeunes, et à lire si vous avez envie de quelque chose de vraiment léger pour se détendre !

Retrouvez aussi mon avis sur le tome 1.

Premier billet pour l'édition 2011 du challenge histoire organisé par Lynnae.

lundi 24 octobre 2011

L'héritage Dickens, de Louis Bayard


Présentation de l'éditeur
"Enfant malade, Tim Cratchit est devenu célèbre bien malgré lui.  Il a en effet été l'un des personnages principaux du roman de Charles Dickens, Un conte de Noël. C'était lui, le jeune Tiny Tim, qui réussissait à émouvoir le héros du livre, Ebenezer Scrooge, et devenait ainsi l'instrument de sa rédemption. En 1860, une vingtaine d'années plus tard, Tim a bien changé. Lassé de l'image d'Epinal qui lui a trop longtemps collé à la peau, il vit désormais dans un bordel des bas-fonds de Londres, où, en échange du gîte et du couvert, il apprend à lire et à écrire à la tenancière.  Il lui arrive également de sillonner la Tamise sur le bateau du capitaine Gully pour récupérer les cadavres qui y flottent. C'est ainsi qu'il repêche un jour le corps d'une petite fille, marqué d'une lettre mystérieuse. Quelques jours plus tard, une autre enfant est retrouvée assassinée, son corps marqué de la même façon. Qui s'en prend ainsi aux petites filles perdues des bas-fonds de Londres? C'est le début d'une enquête passionnante pour Tim, qui va le mener dans les beaux quartiers de la ville, là où tout s'achète et se monnaye. Pris dans un réseau de mensonges, de meurtres et de manipulations, ce qu'il va découvrir dépassera tout ce qu'il a pu imaginer."
 
Dickens, un classique de la littérature britannique, et même mondiale. C'est à lui que rend hommage ce "polar/thriller historique" (difficile de mettre une étiquette sur un tel livre) qui nous entraine au coeur des bas-fonds du Londres de 1860.
On y retrouve Tim, jeune héros du Conte de Noël de Dickens (adapté aussi sous le nom Le Noël de Mr Scrooge) qui a bien grandi, et qui surtout nous fait découvrir l'envers du décor, l'histoire que Dickens n'avait pas racontée...

J'ai plongé avec délice dans l'atmosphère de cette Angleterre victorienne, sale, bruyante, pauvre, une Angleterre digne des écrits de Dickens. Tim, Colin et Philly m'ont fait penser à David Copperfield, ou encore Oliver Twist, les deux personnages cultes de l'auteur. 
Louis Bayard sait emmener son lecteur dès les premières pages dans cet univers. Son style entrainant, incisif et drôle capte l'attention, la richesse et la beauté des expressions ravit, sans jamais être trop pompeux. On ne voit pas passer les pages, entrainé par l'intrigue, avide de connaitre la fin de cette histoire, soucieux pour Tim et ses amis quand les dangereux individus qui les poursuivent s'en prennent à eux...
Les personnages sont déroutants : on découvre sous un nouveau jour Tim, ou encore son oncle N, le fameux Mr Scrooge. Mais il y a également tous les autres : Colin, le gamin des rues obligé d'être débrouillard s'il veut s'en sortir dans la vie, Philly la petite fille mystérieuse au coeur de l'intrigue du roman, le capitaine Gully, les filles du bordel de Mrs Sharpe... aucun d'entre eux n'est caricatural, et si tous ne sont pas attachants, chacun d'entre eux possède une épaisseur qui les rend humains.

Au final, vous l'avez compris, j'ai aimé ! Je regrette juste de ne pas connaitre assez bien l'oeuvre de Dickens, tant j'ai senti que le texte de Louis Bayard est truffé de références à son idole. Mais c'est un bon point pour L'héritage Dickens, qui me donne envie de combler ces lacunes... et de découvrir les autres romans de Louis Bayard !

Merci vivement à Newsbook et aux éditions du Cherche-Midi pour cette découverte.

dimanche 17 juillet 2011

La fiancée de Bombay



Auteur : Julia Gregson
Editions : JC LATTES
Année de publication : 2011

Résumé : Automne 1928. Rose, Victoria et Viva, trois Anglaises, embarquent sur un bateau à destination de l’Inde. La jolie Rose, un peu trop candide, part se marier à un officier de cavalerie coloniale qu’elle connaît à peine, Victoria, sa demoiselle d’honneur, à l’esprit fantasque, est décidée à perdre sa virginité lors du voyage avant de se trouver un mari aux Indes. Quant à Viva, qui chaperonne les deux premières, ce périple est pour elle le moyen de revenir sur les traces de ses parents morts à Bombay alors qu’elle était enfant.
Une fois sur place la réalité de la vie et ses tumultes leur réserveront bien des surprises…

Tout d'abord, je tiens à remercier vivement Livraddict et les éditions JC Lattès qui m'ont permis de découvrir ce roman !

Si vous êtes comme moi et aimez voyager, mais ne pouvez pas le faire en ce moment parce que vous êtes fauchés, arrêtez-vous, car je connais une solution à votre problème.

Ce livre nous emmène loin dans les Indes colonisées par le Royaume-Uni, à la fin des années 1920. Nous découvrons à travers les yeux des protagonistes l’exotisme de ce pays : le gout des mangues achetées dans la rue, l’odeur du curry dans les maisons, les saris multicolores des femmes, les poules, ânes et vaches qui se promènent dans les rues, les cris des enfants, les festivités comme Sawadi et ses mille lumières. L’ambiance qui règne dans ce roman m’a charmée, et transportée dans une époque révolue. Bien sur, tout n’est pas idyllique, et tant mieux. Cela ne rend le récit que plus réel.

Les personnages sont attachants, et on a plaisir à les suivre. J’ai été touchée par la situation de Rose, dont le mariage n’est pas aussi idyllique qu’elle le pensait, j’ai ri face aux extravagances et à la spontanéité de sa meilleure amie Tor, et ai aimé suivre les aventures de Viva. Certains moments m’ont parus un peu plus longs, notamment les émois intérieurs de Viva, qui est fermée comme une huitre, mais l’alternance de point de vue des trois femmes relançait régulièrement le rythme du récit. Leur amitié que les chemins qu’ont pris leurs vies n’ont pas réussi à détruire est touchante, et les rend encore plus sympathiques. 

 (photo trouvée sur le blog de Nolwenn )
Le côté historique est également présent, puisque l’intrigue se déroule à une période où les indiens commencent à s’élever contre les colons britanniques qui dirigent le pays : des émeutes ont régulièrement lieu à Bombay, et les occupants, qui ont toujours vécu dans ce pays sans se soucier de leur avenir, ne comprennent pas la haine qu’ils inspirent. J’ai tout de même trouvé que les personnages réagissaient parfois de manière naïve : ils n’accordent pas d’importance à l’ampleur que prennent ces émeutes, leurs vies personnelles leur semblant bien plus importantes. Par exemple, malgré les mises en garde qui lui sont faites à plusieurs reprises, Viva monte dans une voiture où on lui propose de l’amener à une réception et se fait enlever. 

Mais ça n’enlève pas le plaisir que j’ai eu à lire ce livre, qui a été un très bon moment d’évasion. 
Je le recommande à tous ceux qui veulent de l’exotisme et aiment ce pays fascinant qu’est l’Inde !

mardi 26 avril 2011

La porte aux oiseaux, Katie Hickman

 
Tout d’abord, je tiens à remercier vivement le site Livraddict et les éditions JC Lattès de m’avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre d'un partenariat !
 Je ne pense pas que j’aurais lu ce livre de moi-même, sans doute à cause de la couverture, mais cela aurait été dommage car ce fut une très jolie découverte !

Nous sommes transportés à Constantinople en 1599, en compagnie de plusieurs personnages dont les histoires se croisent et se rejoignent, notamment Paul, secrétaire de l’ambassadeur britannique auprès de l’empire ottoman et Célia, sa fiancée, portée disparue lorsque le bateau de son père fait naufrage. Vendue comme esclave par des corsaires turcs, elle se retrouve au harem du sultan. Cette histoire se mêle à celle d’Elisabeth, jeune étudiante à Oxford dans les années 2000, qui découvre partiellement le destin de Célia et cherche à en savoir plus, jusqu’à voyager jusqu’à la ville qui est le théâtre des aventures de Célia, Istanbul.


Dès le début, l’histoire nous emporte jusqu’à la capitale de l’empire le plus important de l’orient à l’époque, l’empire ottoman. Les points de vue des différents personnages permettent de découvrir les multiples facettes de la ville : d’un côté, l’Istanbul qu’arpentent Paul et ses collègues de l’ambassade, et Elizabeth, et de l’autre, l’Istanbul cachée, celle du palais du sultan où vivent les femmes de son harem, qui sont à jamais coupées du reste du monde. 


On ressent ce contraste dans la liberté de John le cuisinier, qui va et qui vient comme il veut et d’Elizabeth, qui cherche à trouver l’inspiration pour son mémoire et se laisse guider par un charmant autochtone à travers la ville. Au contraire, les passages mettant en scène Célia ont quelque chose d'étouffant : ses moindres faits et gestes sont épiés par la Sultane validé (la mère du sultan, et donc la femme la plus puissante de l’empire) et ses servantes, elle ne quitte jamais le palais et n’a plus qu’à renoncer à sa vie d’avant le harem. 
Les femmes du sultan sont confrontées à une énorme contradiction : en permanence enfermées, on leur accorde néanmoins beaucoup de richesses et de pouvoir, ce qui les rendrait chanceuses : mais est-on vraiment chanceuse quand on sait qu’on ne sortira plus jamais d’un palais et que l’on ne sera jamais libre d’aimer qui l’on veut ou d’aller où bon nous semble ?
 La vie et les luttes de pouvoir de ces femmes est extrêmement bien décrite, et offre un témoignage très intéressant (bien que fictif) d’une pratique qui est tellement éloignée de nos usages actuels qu’elle peut nous sembler incongrue et inacceptable, et qu'on en oublie qu'elle a réellement existé.


L’auteure décrit tout cela avec beaucoup de justesse, mêlant parfaitement des descriptions qui nous emportent et plusieurs intrigues qui rendent le livre d’autant plus palpitant. A aucun moment je ne me suis ennuyée : j’avais toujours envie de connaitre le sort, souvent périlleux,  de Celia ou de comprendre ce qui se tramait au harem : car en plus d’une histoire d’amour, ce roman contient une intrigue policière, certes secondaire, mais tout de même bien présente. 

Si le personnage d’Elizabeth aurait pu être plus fouillé à mon goût, j’ai beaucoup aimé Celia, partagée entre son désir fou de revoir celui qu’elle aime et celui de se faire plutôt discrète à la cour du sultan pour ne pas s’attirer d’ennuis. J'ai vraiment ressenti de la compassion pour elle, ressenti son tiraillement face à un choix impossible à faire. Je ne compte pas révéler quoi que ce soit sur la fin, mais sachez juste qu’elle est allée là où je ne l’attendais pas… et si elle m’a attristée, j’ai beaucoup apprécié le fait que Katie Hickman soit sortie des sentiers battus habituellement !


Ce livre m’a donc offert un joli voyage dans la magnifique ville qu’est Istanbul, en me rappelant de doux souvenirs de mes deux séjours là-bas… mais il m’a également offert une jolie histoire d’amour, jamais mièvre, ainsi qu’une belle incursion dans la vie des femmes de l’époque.

Dernière info : J'aime fouiner au moment où j'écris mes chroniques, j'apprends souvent des bonnes nouvelles. Pour ce livre, la voici : ce livre a une suite, d'ors et déjà publiée en VO ! (cela explique sans doute la fin un peu brutale...) Je sens que je ne vais pas pouvoir résister longtemps avant de craquer et de l'acheter ! (merci pour l'info L'antre des livres)
Et la couverture n'est-elle pas divine ?



Toutes les photos d'Istanbul sont de moi.

mercredi 13 avril 2011

Les colombes du roi soleil tome 1 d'A-M Desplat-Duc

Résumé : 
Quatre jeunes filles rêvent d'aventure et de succès. Élevées aux portes de Versailles, ces Colombes du Roi-Soleil volent vers leur destin. Le célèbre monsieur Racine écrit une pièce de théâtre pour les élèves de madame Maintenon, les Colombes du Roi-Soleil. L'occasion idéale pour s'illustrer et qui sait ? être remarquée par le Roi. L'excitation est à son comble parmi les jeunes filles. Y aura-t-il un rôle pour chacune d'entre elles ?

Avis : 
Voici un petit livre jeunesse qui nous fait découvrir avec grand plaisir la France à l’époque de Louis XIV, et plus particulièrement l’école de jeunes filles conçue par Madame de Maintenon. On y découvre plusieurs héroïnes, Charlotte, Hortense, Louise et Isabeau, qui ont toutes été placées à Saint-Cyr pour être éduquées car elles étaient d’origine noble mais vivaient dans la misère.
Les héroïnes sont toutes attachantes, même si elles sont un peu niaises pour certaines. Le livre se dévore avec plaisir, et voir la cour de Versailles de l’autre côté, de celui de jeunes filles qui vivent à quelques minutes du château mais n’y sont jamais allées (et en rêvent pourtant) est original.
L’un des points intéressants du roman est également d’évoquer la guerre de religion entre catholiques et protestants, à travers le personnage de Charlotte. Charlotte est une huguenote, qui a été séparée de sa famille pour qu’on lui apprenne la foi catholique. Chaque fois qu’elle dénonce cette situation, ses amies lui disent de se taire car elle pourrait s’attirer de graves ennuis. J’ai apprécié qu’Anne-Marie Desplat-Duc n’évoque pas seulement les rubans et les côté frivoles de cette époque, mais aussi des questions plus graves, bien que ce soit un peu édulcoré.
En résumé, j’ai passé un très bon moment en compagnie des colombes du roi soleil, et lirai sans doute la suite, mais ce livre reste quand même très jeunesse, et pourrait laisser certains sur leur faim.

lundi 28 mars 2011

Car voici que le jour vient

 Dans le Paris de 1595, le chevau-léger Gilles Bayonne mène de nouveau l'enquête pour le compte du chancelier d'Henri IV. Cette fois-ci, des meurtres d'une rare sauvagerie ensanglantent le quartier de la Grande-Boucherie. Après le père Vuillard, dont la dépouille est retrouvée dans un tonneau, vient le tour d'Hugues Rivière. À chaque fois, des bêtes pour bourreau, et, à chaque fois, la mort frappe sous la forme la plus redoutée par les victimes. Quel lien existe-t-il donc entre Vuillard et Rivière ? Peut-être une sordide histoire vieille de quinze ans... Talonné par les sicaires du chancelier bien décidés à lui faire rabattre sa superbe, menacé par les commissaires du Châtelet furieux de se voir boutés hors de leur territoire, Gilles Bayonne - toujours secondé par son fidèle page Pique-Lune - ira de mensonge en trahison et de doute en doute avant de pouvoir regarder la vérité en face : et si le meurtrier qu'il traque n'était pas le monstre qu'on dit ? 

Les romans policiers ont la côte en France, et le choix est extrêmement abondant. Oui, mais connaissez-vous beaucoup de romans policiers qui se passent au Moyen-Age ?
C'est le cas de Car voici que le jour vient, qui met en scène le chevau-léger Gilles Bayonne, qui doit résoudre une série de meurtres assez sordides dans le Paris de 1595. Un Paris on ne peut plus éloigné de celui que nous connaissons aujourd'hui...
Vous l'aurez compris, la grande originalité de ce roman, et son atout majeur, est qu'il nous fait voyager à l'époque médiévale, avec ses quartiers plein de vie, mais aussi d'odeurs, d'immondices, ses habitants braillards, un Paris plein de vie donc ! Les descriptions de l'auteur font qu'on s'y croirait, à tel point qu'il est difficile d'imaginer que l'on parle du même Paris que le notre. Il faut dire qu'elle a utilisé un style "moyen-âgeux", qui, s'il déstabilise au début, ne nous permet que mieux d'être pris dans l'histoire et s'avère très savoureux.
Le personnage de Gilles est attachant : il cherche à tout prix à trouver l'auteur des crimes avant qu'il ne sévisse à nouveau, mais notre héros a également des failles, qui le rendent plus "authentique" : ses relations avec sa famille et son page, Pique-Lune sont touchantes, et sa douleur face à la mort de son frère (dans le livre précédent, que je n'ai pas lu, mais qui était apparemment intéressant pour mieux comprendre dans quelles circonstances ces événements se sont produits). Pique-Lune est également un personnage que j'ai adoré : drôle, vif, intelligent et, lui aussi, extrêmement attachant.
L'intrigue en elle-même commence doucement, coupée par d'autres événements du livre, puis s'accélère petit à petit. On se laisse happer jusqu'à la révélation finale. L'auteur s'est réellement documentée sur le quartier où se déroule l'intrigue, Châtelet, car en faisant des recherches, j'ai trouvé les noms de rues/lieux qu'elle évoque (j'ai même fait un petit tour dans quelques rues citées).Je ferais un seul reproche : je ne sais pas si c'était à cause des noms des personnages, ou de la façon dont on apprenait successivement des choses sur eux, mais je passais mon temps à les confondre, et ce n'était pas très aisé pour suivre ma lecture et me rappeler qui avait dit ou fait quoi.

En  conclusion, un très bon polar historique, qui au delà de l'intrigue policière, nous fait découvrir des personnages attachants et nous fait remonter le temps pour se retrouver en plein Paris médiéval !
Une très bonne découverte, je remercie donc vivement Blog-O-Book et les éditions 10/18 !
Ce livre rentre dans le challenge Histoire(qu'il était temps que je commence !)

mardi 11 janvier 2011

La détective de Noël, d'Anne Perry


Spécialiste du polar dans l’Angleterre victorienne, Anne Perry écrit chaque année pour Noël un roman qui se passe pendant cette fête. Ici, c’est Mariah, la grand-mère de Charlotte Pitt, héroïne d’Anne Perry, avec qui nous partageons les réjouissances. Plutôt acariâtre, elle trouve constamment une critique à faire sur ses vacances au bord de la mer chez son ex belle-fille, jusqu’à ce qu’elle rencontre Maude, une lointaine parente de Joshua, le nouveau mari de l’ex belle-fille (vous suivez ? J’avoue avoir eu un peu de mal à m’y retrouver au début avec les personnages… mais leurs liens ne sont pas si importants). 
Maude revient du Moyen-Orient, où elle a passé les trente dernières années de sa vie, et s’enthousiasme autant à propos de ce qu’elle y a vécu que de ce qu’elle retrouve en Angleterre. Cependant, le lendemain de son arrivée, Mariah la retrouve étendue sur son lit, morte. Elle soupçonne rapidement quelqu’un de la famille de Maude de l’avoir empoisonnée, et part donc enquêter.

Ce roman a été l’occasion pour moi de découvrir Anne Perry, moment que j’attendais avec impatience depuis un certain temps. On pénètre avec délice dans l’Angleterre victorienne, une époque remplie de bienséances et de puritanisme : ainsi, on peut se retrouver obligé de fêter Noël en compagnie d’une ex-belle-mère acariâtre juste parce qu’il serait trop impoli de refuser. Le style et le ton d’Anne Perry sont plein de dynamisme et d’humour, ce qui rend l’histoire passionnante, en particulier les descriptifs des préparatifs de Noël et le récit des aventures exotiques de Maud. 
Quant à l’intrigue policière, elle souffre malheureusement du manque d’épaisseur du livre : l’intrigue met du temps à se mettre en place, ce qui ne laisse pas beaucoup de place à l’enquête elle-même. On ressort au final plutôt frustré du manque de développement, ce qui est dommage car quelques jours supplémentaires en compagnie des personnages, qui ne sont pas très élaborés, aurait été un grand plaisir.

En bref : un bon roman policier, empli d’un esprit de Noël réjouissant, mais dont l’intrigue pêche par sa minceur.