jeudi 10 février 2011

Colombo Chicago de Mary Anne Mohanraj



Résumé : 
Colombo – Chicago est une fresque romanesque contemporaine sur soixante-trois ans (1939 – 2002) de l’histoire de Ceylan (appelé plus tard le Sri Lanka) et des Etats-Unis. Elle est construite en une série de vingt tableaux intitulés et entrelacés grâce auxquels les personnages entrent et sortent de scène, tous liés par des parentés, des alliances et des liaisons amoureuses. Mais tous ces tableaux ne forment qu’une seule fiction enracinée dans la généalogie de deux familles, les Kandiah et les Vallipuram, sur deux générations, sur fond de guerre civile entre les communautés tamoule et cinghalaise.
Certains des membres de ces familles émigrent en Angleterre ou aux Etats-Unis pour faire leurs études à Oxford, Harvard ou à l’Université de Chicago. Certaines épousent des Blancs, certaines épousent d’autres immigrés sri lankais, certaines rentrent à Colombo pour un mariage arrangé.
Dans le premier tableau qui ouvre le roman, Océans immenses et lumineux, nous sommes en 1939 ; un couple cinghalais doit décider d’autoriser ou non leur fille Shanthi à quitter la maison pour Oxford où elle veut étudier la physique. Ce n’est pas une décision aisée à prendre, en raison de la tradition culturelle des mariages arrangés.
Rien ne sera d’ailleurs jamais simple pour les générations de ces familles sri-lankaises qui composent ce roman. 

Mon avis : 
Je tiens tout d’abord à remercier les éditions du Livre de poche et Blog-O-Book pour ce partenariat !

Mary Anne Mohanraj nous offre un livre haut en couleurs, les couleurs des saris des femmes qui sont les héroïnes de cette saga familiale, ainsi que les couleurs des plantes et fleurs du Sri Lanka (autrement connu sous le nom de Ceylan) et des currys qu’elles préparent sans cesse. Je parle des currys car il est clair en lisant ce livre que l’auteure accorde une place de choix à la nourriture : l’histoire part de Colombo, pour aller à Chicago et de temps à autre revenir à Ceylan, mais peu importe le continent sur lequel se trouvent les personnages, le curry reste au cœur de leur alimentation, faisant un lien entre eux. Mary Anne Mohanraj conclue d’ailleurs son livre en offrant quatre pages captivantes sur la préparation de trois variétés de ce plat, du début à la fin. Ces belles descriptions m’ont souvent donné l’eau à la bouche et provoqué une forte envie de me mettre moi-même à la cuisine !
Les personnages sont toutes les femmes de deux familles, qui se croisent à certains moments de par les unions qui sont faites. Chacune à sa façon est touchante et attachante, même s’il est parfois incroyable de constater qu’elles imposent à leurs filles ce dont elles ont semblé souffrir dans leur jeunesse. Je ferais tout de même un reproche au livre, qui m’a un peu gâché la lecture : les personnages sont tellement nombreux qu’on ne les retrouve que très rarement dans la suite du livre, le plus souvent de loin car l’on fait connaissance avec leurs frères et sœurs, enfants, cousins. Cela est non seulement frustrant, car l’on souhaiterait accompagner plus longtemps chacun d’eux, mais en plus, on finit par se perdre et oublier qui est qui.
Reste tout de même le style très beau de l’auteure, qui mêle histoires humaines touchantes et descriptions magnifiques, qui transportent le lecteur sous le soleil de Colombo et dans la grisaille de Chicago.

Mercy Thompson, tome 1 : L'appel de la lune, de Patricia Briggs

Résumé : " Les loups-garous peuvent être dangereux si vous vous mettez en travers de leur chemin. Ils ont un talent extraordinaire pour dissimuler leur véritable nature aux yeux des humains. Mais moi, je ne suis pas tout à fait humaine. "
En effet, Mercy Thompson n'est pas une fille des plus banales. Mécanicienne dans le Montana, c'est une dure à cuire qui n'hésite pas à mettre les mains dans le cambouis et à sortir les griffes quand le danger frappe à sa porte. Mais ce n'est pas tout : son voisin très sexy est le chef de meute d'une bande de loups-garous, le minibus qu'elle bricole en ce moment appartient à un vampire, et la vieille dame très digne qui lui rend visite vient jeter des sorts sur son garage. Au cœur de ce monde des créatures de la nuit, Mercy se trouve mêlée à une délicate affaire de meurtre et d'enlèvement...


Depuis le temps que j’entendais parler de Mercy Thompson, il fallait que je découvre cette série ! C’est donc chose faite grâce à cette LC organisée sur Livraddict.
Dès le début, l’ambiance du livre m’a plu : Mercy est un personnage intéressant, et qui rompt un peu avec les clichés que l’on peut facilement coller à la bit-lit. Elle n’a pas peur de mettre les mains dans le cambouis (normal, elle est garagiste), et ne se laisse pas faire par les loups-garous et autres vampires qui tentent de l’attaquer. En bref, elle n’est pas du tout cruche.
L’histoire se met en place assez rapidement, et est prenante jusqu’aux dernières pages. Mais peut-être était-elle justement un peu trop présente pour moi, dans la seconde moitié du livre tout du moins. J’aurais aimé en savoir un peu plus sur les personnages et l’univers créé par Patricia Briggs, car c’est cet univers qui explique en partie pourquoi j’ai aimé ce livre : les loups-garous nous changent un peu des vampires qui monopolisent souvent la bit-lit (de ce que j’ai pu en apercevoir en tout cas), et le thème de l’intégration des Faes à la société américaine, avec la différence entre Faes inférieurs et supérieurs était très intéressant. 
Et puis tout simplement, j’ai beaucoup aimé le fait que Mercy soit un coyote qui se transforme quand elle le souhaite, ça ajoute de l’énergie au roman (mon expérience de la bit lit montre souvent une héroïne qui n’est pas surnaturelle et reste donc passive !)
Concernant la romance, car ce livre est aussi réputé pour cela… eh bien je suis déçue ! La suite au prochain épisode comme on dit, car sa relation avec Adam laisse un arrière-gout d’inachevé à la fin du livre. 

J’attends donc le second tome avant de me fixer un avis définitif, car si l’action continue toujours d’être au premier plan, je risque d’être lassée. Mais si les personnages et l’univers sont développés dans les tomes à venir, je pense que j’apprécierai vraiment cette série !

Retrouvez les avis des autres participants :

mardi 1 février 2011

Le top ten tuesday : les livres que j'emporterais sur une île déserte

Retour du top ten Tuesday, avec pour thème cette semaine les livres que j'emporterais sur une île déserte ! Dur dur... pourquoi ? Parce que j'ai du mal à choisir, alors si c'est en plus pour partir sur une île sans pouvoir changer d'avis une fois débarquée... remarquez, le fameux choix de l'île déserte va probablement devenir obsolète d'ici quelques temps : il nous suffira de brancher notre Kindle au réseau wifi du coin pour télécharger ce qu'on veut ! (peut-être même qu'un jour on diffusera les adaptations de Robinson Crusoë dans les musées...). Mais revenons à notre top ten !


10) Une grosse anthologie d'Agatha Christie
Ses raisonnements sont tellement parfaits que j'oublie les coupables quand je connais l'histoire, alors que j'ai pourtant une bonne mémoire. Redécouvrir les intrigues de cette reine incontestée du policier serait donc un grand plaisir. D'autant que je ne sais pas pour vous, mais j'aime beaucoup lire des polars sur la plage, et qui dit île, dit plage non ? (le premier qui me dit qu'il y a aussi des îles avec des cailloux sort)

9) Le comte de Monte Christo
Parce que je me souviens avoir beaucoup aimé petite, et que je n'avais lu qu'une version abrégée. Le livre étant un gros pavé, j'aurais du temps pour le relire et l'apprécier !

8) Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl
Ce classique pour enfants peut être relu de nombreuses fois, on ressent toujours le même plaisir à parcourir l'usine de M. Wonka en compagnie de Charlie et des autres enfants. 

7) L'inégrale du Combat ordinaire, de Manu Larcenet
Tout simplement parce que cette bande-dessinée, en parlant du plus léger, de la vie de tous les jours, atteint une profondeur qui m'émeut.

6) Les réquisitoires du tribunal des flagrants délires de Pierre Desproges
On retient souvent l'humour de Desproges. Ce qu'on ne sait pas quand on ne le connait pas, c'est qu'en plus d'avoir de l'humour, ses chroniques étaient bien plus belles que la plupart des livres qui sortent chaque année. J'aime bien de temps en temps piocher dans les recueils de ses prestations, et le lire s'indigner sur la bêtise humaine.

5) L'insoutenable légèreté de l'être, de Milan Kundera
Un livre foisonnant, et dont j'ai l'impression n'avoir pas saisi toute la profondeur, tous les détails à ma première lecture. 


4) Sans parler du chien de Connie Willis
Il y a eu un avant et un après Connie Willis dans ma vie livresque. Ce livre réunit des ingrédients qui permettent d'en faire le livre juste parfait : un humour très britannique (assez surprenant lorsque l'on sait que l'auteure est américaine !), l'Angleterre victorienne, des situations rocambolesques, et une machine à remonter le temps !!! Eh oui, je ne l'ai pas dit ici mais les voyages dans le temps sont un de mes sujets préférés (surtout lorsqu'ils sont dans le passé). Connie Willis semble être également passionnée par le sujet, vu qu'elle a écrit plusieurs romans où les historiens voyagent dans le passé pour vérifier si ce qu'ils apprennent dans leurs livres est correct(génial non ? Sauf quand on se retrouve coincé au moment de la peste noire comme dans Le grand livre...), mais Sans parler du chien a ma préférence !

Mon édition, que je trouve bien plus jolie que celles qu'on trouve actuellement dans les librairies

3) L'écume des jours de Boris Vian
Y-a-t-il vraiment besoin d'expliquer ? Il y a ceux qui adorent, et ceux qui détestent Vian. Les premiers me comprendront, quand je dis que c'est la plus belle histoire (d'amour) que j'ai jamais lue...

2) Poésies complètes de Rimbaud
Ce cher homme aux semelles de vent... on peut le relire et le rerelire et toujours découvrir des sens cachés dans sa poésie, qui est un émerveillement des sens.


1) Le coffret intégrale de Harry Potter
Comment ça je triche ? Mais si, un coffret, ça compte pour un ! Et même si j'ai un peu honte de la faire passer devant Vian, Rimbaud et Kundera entre autres, JK Rowling doit être l'auteure que j'ai le plus lu au final. Je connais l'histoire par coeur, et pourtant je ne me lasse pas de relire les premiers tomes pour la quinzième fois. Quant aux autres, il faudrait que je me rattrape par rapport aux premiers en les lisant une bonne douzaine de fois supplémentaires !

Retrouvez ici les Top ten des autres participantes : Cécile qui a lancé le mouvement de rébellion face au thème officiel, Syl et Azilys

mardi 25 janvier 2011

Le top ten tuesday : manies et lubies livresques

Aujourd'hui, j'inaugure une nouvelle rubrique, le top ten tuesday ! Je me joins à Cécile et Mlle Pointillés, qui reprennent l'idée de The broke and the bookish, qui consiste à faire une liste en rapport avec un thème donné chaque semaine.
Cependant, le thème de la semaine de The broke and the bookish ne leur plaisait pas (qui était les livres que j'aurais aimé lire enfant, j'avoue que je n'aurais pas trop été inspirée, vu que je n'ai pas quitté l'enfance il y a si longtemps...), elles ont donc choisi de reprendre celui de Karine la semaine dernière : les lubies et manies livresques.
Voici donc mes petites manies :

1. Je sens toujours les livres avant de les entamer, et continue de le faire de temps en temps pendant ma lecture. J’ai déjà eu l’occasion de remarquer que je ne suis pas la seule… sauf que j’ai remarqué que les livres n’ont pas tous la même odeur. Par exemple, savez-vous que les livres français ne sentent pas pareil que les livres anglais ? Pendant ma dernière lecture, Mercy Thompson, le livre sentait tellement bon que je m’arrêtais souvent pour mettre le nez dedans. Maintenant, j’ai presque envie de lire d’autres Milady, peu importe l’histoire, juste pour savoir s’ils sentent pareil

2. Quand je commence un livre, je choisis le marque-page que je vais utiliser pour qu’il soit assorti au niveau des couleurs avec la couverture du livre  
3. Je lis dans le bus même quand les vibrations font que je vois tout flou et que je n’arrive pas à garder le contact avec ma ligne. Souvent, je tombe malade vers la fin du trajet, mais ça ne m’empêche pas de recommencer la fois d’après !  
4. J’adore aller dans les librairies, mais je sors généralement sans rien acheter. J’adore flâner, regarder les nouveautés, découvrir de nombreux livres, je peux y passer des heures. Mais curieusement, je n’aime pas trop acheter des livres. Honnêtement, mon pourcentage d’achat doit être d’environ 1 sur 20 visites dans une librairie. Bon vous pouvez le dire, je suis peut-être un peu radine à ce niveau-là. Quand je ne suis pas sûre qu’un livre me plaira, je préfère l’emprunter ou passer à côté… 

5. J’adore avoir des livres achetés d’occasion où le propriétaire précédent a marqué son nom : je l’imagine, avec le livre dans les mains, dans sa vie. Puis, je me demande avec tristesse pourquoi il a fait l’erreur de se séparer de ce livre
 
6. J’ai envie de lire à peu près TOUS les livres qui existent sur terre (à l’exception des Harlequin, peut-être). Regardez la taille de ma wishlist sur Livraddict et vous comprendrez l’étendue des dégâts. Autant vous dire qu’il faudrait que j’arrête toute autre activité (y compris manger et dormir) pour arriver un jour à tous les lire- et je ne parle même pas des livres qui n’existent pas encore...
   7. A chaque fois que je passe devant une librairie à Dol de Bretagne (petite ville située comme son nom l’indique en Bretagne), je dis à ceux qui sont avec moi « hiiiii c’est lààààà que j’ai achetéééé le tome siiiiiix d’Harry Potteeeeeer ». Même s’ils m’ont déjà entendue en parler, et plusieurs fois. Et la seule raison pour laquelle je ne le fais pas avec le tome 7, c’est parce que je l’ai acheté à Barcelone, et que je n'ai malheureusement pas l'occasion de repasser par cette ville.

 8. Je crois que si un jour je devais me débarrasser d’un livre en le mettant à la poubelle, je devrais demander à quelqu’un de le jeter pour moi, tellement c’est douloureux. Un livre, ça ne se jette pas. (J’ai le cœur serré rien que d’y penser). 
9. Quand il m’arrive de dormir seule, j’aime bien dormir avec plusieurs livres dans mon lit. Ne me demandez pas pourquoi.

10. Je crois que la plupart du temps, je prends plus de plaisir au moment où j’achète ou j’emprunte un livre en me disant « ça va être tellement chouette ! » que quand je le lis vraiment. 
Retrouvez aussi les manies de Cécile et Mlle Pointillés, qui prouvent qu'on est tous un peu spéciaux, dans notre genre !
Toutes les photos proviennent de ce très chouette Tumblr, idéal pour les book lovers !

lundi 24 janvier 2011

C'est lundi, que lisez-vous ?

Sur une idée de Mallou

La semaine passée
J'avais commencé le tome 1 de Millenium... mais l'appel de la lune a été trop fort !
J'ai donc lu le tome 1 des aventures de Mercy Thompson. Mon avis le dix février pour la lecture commune !
J'ai également lu hier deux nouvelles de FS Fitzgerald, L'étrange histoire de Benjamin Button et La lie du bonheur. Une belle découverte.
Une BD drôle et bien vue !
Le tome 1 d'un shôjo manga au sujet atypique : le free fight (un peu comme du catch) au féminin.

Cette semaine, je lis
Pour enfin découvrir le fameux Barrons !
  Reçu cette semaine en partenariat, ce premier livre d'Hilary Duff me rend assez curieuse !

Le premier tome de la BD Alix, qui se passe sous la Rome Antique

Prochains livres
Colombo-Chicago de Mary Anne Mohanraj
Le tome 1 de Millenium que je vais reprendre

Comme le montrent assez bien mes différents billets de "C'est lundi", je ne fais pas toujours ce que je dis ! Il m'arrive assez souvent de changer d'avis sur mes lectures en cours ou à venir, au gré de mes humeurs !
Et vous, que lisez-vous ?

vendredi 21 janvier 2011

A contresens, Tom Liehr

Résumé quatrième de couverture :
Tim Köhrey, orphelin, passe une enfance trop tranquille au sein d’une famille d’accueil anesthésiée, dans la banlieue de Hanovre. Pour lui, la vraie vie va enfin commencer à l’été 1980, à l’aube de son adolescence, quand sa famille déménage. Tim se retrouve plongé dans un Berlin-ouest en pleine effervescence, battant au rythme de l’amitié, de la musique, du grand amour. Mais il va finir par tout perdre, en une fraction de seconde. Ce n’est qu’au millénaire suivant que Tim, DJ désabusé à la recherche du bouton rewind, cesse de se laisser porter par la vie et décide de partir à sa rencontre… quitte à prendre parfois quelques contresens. Un roman pop, doux amer et sans temps mort, sur les occasions manquées, les rêves mis de côté et le besoin de changer de vie. 

Mon avis :
Première lecture de l’année, A contresens fut un véritable coup de cœur pour moi ! J’ai été happée dès le début par cette histoire qui suit la vie de Tim, de ses six ans, lorsque ses parents meurent dans un accident de voiture (alors qu’ils roulaient à contresens sur l’autoroute, d’où, en partie, le titre du livre) jusqu’à ce qu’il atteigne la quarantaine.

Il y a dans ce livre un je ne sais quoi, qui fleure bon l’Allemagne, bien que ce soit l’Allemagne telle que je ne la connais pas, n’ayant ni vécu dans les années 70 et 80, ni visité Berlin. Les noms égrenés, la série Inspecteur Derrick, et surtout les titres des chansons du top 50 qui concluent chaque chapitre m’ont donné parfois envie de répéter intérieurement les dialogues, en allemand (malgré mes maigres compétences pour parler dans cette langue). Ce livre fut donc une immersion dans un pays, qui est voisin de la France, et que l’on ne connait  pourtant finalement pas si bien. 

La musique est omniprésente, à partir du moment où Tim se découvre un talent certain pour être DJ à une fête de son lycée. Son père lui a légué sa collection de vinyles, dont il se sert pour son métier, avant de l’agrandir avec ses propres choix. Tim est un personnage très attachant, bien que ses réactions ne soient pas toujours compréhensibles, et que ses relations avec les autres personnages soient parfois étranges. Il y a pourtant une relation, qui est au centre du roman et l’illumine : celle entre le héros et son premier amour, Mélanie, qu’il rencontre à l’âge de seize ans. Tom Liehr sait décrire, avec un style pourtant plutôt sobre, mais très agréable, l’exaltation de ce moment où plus rien d’autre ne compte que la personne aimée, et où tout semble extraordinaire et magnifique. 

La quatrième de couverture signale que Tom Liehr est le Nick Hornby allemand, et j’avais en effet songé à cet auteur en lisant le résumé. Même si son récit, empreint de musique pop et suivant la vie de Tim dans son aspect le plus quotidien, fait penser à Hornby, il y a pourtant quelque chose de bien plus cruel, douloureux dans A contresens. Ce qu’il advient de nombres de personnages (le père et un fils de sa famille d’accueil, plusieurs de ses amis), tout comme l’aboutissement de sa vie après dix-sept ans d’un mariage qui semble absurde, tout cela fait froid dans le dos. 

En refermant le livre, Tom Liehr m’a semblé extrêmement pessimiste, quand on considère le sort de la plupart des personnages. En cela, il m’a plus fait penser à Jonathan Coe qu’à Nick Hornby, pour citer un autre auteur anglophone contemporain.  Le roman laisse donc un goût quelque peu amer dans la bouche, une sensation qui colle probablement à la réalité de nombres de vies dont les rêves se perdent en route. 

En conclusion : Difficile d’expliquer pourquoi j’ai aimé ce livre, et pourtant, je l’ai adoré ! Tim est un personnage extrêmement attachant, que l’on a envie de suivre jusqu’au bout, malgré ses errements et ses réactions qui peuvent agacer, comme un ami nous agace parce que justement on l’apprécie tant. Le style de Tom Liehr fait couler le roman avec bonheur sans que l’on s’aperçoive qu’on arrive déjà à la fin.
Une très belle découverte que je dois à Blog O Book et aux éditions Asphalte, que je remercie vivement !

Retrouvez l'avis de Bambi, qui a également beaucoup aimé.

Extrait :
"Deux indicateurs permettaient de déterminer facilement si la musique plaisait. D’une part, la fréquence avec laquelle on me demandait tel ou tel morceau en particulier : moins on m’en demandait, meilleure était la programmation ; quand on est en train de danser, on n’a pas envie d’une autre zic. D’autre part, la force avec laquelle la foule chantait quand je baissais le son, du moins pour les morceaux pouvant être repris en chœur. Lors d’une soirée mémorable, durant laquelle la sueur condensée avait goutté du plafond de la Tente dans mes caisses de disques et avait ruiné presque la moitié des pochettes, ils avaient chanté et dansé sur un morceau pendant près de deux minutes, sans qu’aucun son sorte des baffles."

lundi 17 janvier 2011

C'est lundi, que lisez-vous ?

D'après une idée de Mallou

La semaine passée

Un seul livre, j'ai été assez occupée et du coup je n'ai pas lu tant que ça, mais une lecture très plaisante tout de même

Cette semaine, je lis
Le tome 1 de Millenium (en anglais)

Prochains livres :
Colombo Chicago de Mary Anne Mohanraj
Une année à la campagne, que j'ai mis de côté

Et vous, que lisez-vous ?

dimanche 16 janvier 2011

A la croisée des mondes, tome 2 : La tour des anges, Philip Pullman


Résumé : 
Ayant franchi le pont entre les mondes édifié par Lord Asriel, son père, l'intrépide Lyra se retrouve dans la cité de Cittàgazze, la ville au-delà de l'aurore, où des spectres mangeurs d'âmes rôdent dans les rues, où les lointains battements d'ailes des anges résonnent au-dessus d'une mystérieuse tour. Mais Lyra n'est pas sans allié. Car le jeune Will Parry, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, a également pénétré dans cet étrange royaume par une porte magique. Ensemble, Lyra et Will vont entamer un périlleux voyage à travers les dimensions, et découvrir un secret mortel: un objet d'une puissance extraordinaire et dévastatrice. Mais à chaque étape de leur périple, ils se rapprocheront d'un danger plus funeste encore - et de l'incroyable vérité sur leur propre destinée...

Les royaumes du Nord, c’est pour moi avant tout une occasion manquée. Aux alentours de 2000, j’ai commencé le tome 1, qui était encensé par la critique et comparé à Harry Potter. Sauf qu’à l’époque, ce dernier avait peut-être un peu trop d’importance dans mon cœur de lectrice. Toujours est-il que ce n’est que dix ans plus tard que j’ai enfin réussi à dépasser la page 15, à l’occasion d’une lecture commune sur le site de Livraddict. Et je ne le regrette absolument pas, même si cela aura pris du temps.

Dans le premier tome, on a fait la rencontre de Lyra et de son daemon Pantalaimon, et on a suivi ses aventures jusqu’aux Royaumes du Nord, à la poursuite de la Poussière, cette mystérieuse chose qui fait tant peur aux adultes, et en particulier à l’Eglise. Le second  tome s’ouvre de manière totalement inattendue dans notre propre monde, différent de celui de Lyra. On y fait la connaissance de Will, dont le père a disparu dans une expédition il y a des années. Par un hasard,  il découvre une fenêtre qui donne sur un nouveau monde, où il rencontre Lyra. La suite des événements les font coopérer pour s’en sortir, chacun avec ses propres objectifs : retrouver son père pour Will, et continuer la quête que lui donne l'aléthiomètre pour Lyra.
 L'affiche du film adapté du premier tome, où l'on voit l'aléthiomètre.
J’avais bien aimé le premier tome, très distrayant et rempli d’action jusqu’à la fin, que j'avais curieusement eu beaucoup de mal à terminer. Le second tome est différent, et permet de combler les lacunes du premier : beaucoup d’éléments sur les mondes et leurs caractéristiques, même anecdotiques, sont enfin plus clairs. J’avais été très gênée que Philip Pullman n’explique pas dès le début ce que représentent les daemons qui accompagnent chaque personne dans le monde de Lyra, c’est-à-dire leur conscience, leur âme. Les explications  sur la Poussière permettent également de mieux comprendre ce qu’elle est (bien qu’il reste encore beaucoup d’incertitudes quant à cette question) et pourquoi elle fascine et effraie à la fois. La géopolitique du monde de Lyra, que j’avais trouvé trop peu développée dans le premier est bien plus compréhensible, suite aux révélations faites par petites touches.

Tout ceci rend le roman bien plus fluide et agréable à lire. Le caractère espiègle et courageux de Lyra, et sa relation avec Pantalaimon sont attachants, d’autant plus qu’elle est moins intrépide qu’auparavant, et qu’il lui arrive désormais d’avoir des doutes, qui la rendent plus sympathique.  L’on découvre également mieux d’autres personnages, comme les sorcières ou l’explorateur Lee Scoresby, et bien sûr Will. Les descriptions  de Philip Pullman nous transportent avec délice dans les différents mondes, sans être jamais trop pesantes.  

Pourtant, ce livre sera un bon livre, mais pas plus : il a manqué ce je ne sais quoi, qui fait qu’il n’est pas véritablement un coup de cœur. Je n’arrive pas à savoir ce qu’était ce je ne sais quoi, mais j’espère le découvrir enfin dans le troisième tome.

Ce livre a fait l’objet d’une lecture commune organisée par Setsuka : les avis de Yumiko, Bambi Slaughter, Sophie LJ, Setsuka, Lynnae et louve





mardi 11 janvier 2011

La détective de Noël, d'Anne Perry


Spécialiste du polar dans l’Angleterre victorienne, Anne Perry écrit chaque année pour Noël un roman qui se passe pendant cette fête. Ici, c’est Mariah, la grand-mère de Charlotte Pitt, héroïne d’Anne Perry, avec qui nous partageons les réjouissances. Plutôt acariâtre, elle trouve constamment une critique à faire sur ses vacances au bord de la mer chez son ex belle-fille, jusqu’à ce qu’elle rencontre Maude, une lointaine parente de Joshua, le nouveau mari de l’ex belle-fille (vous suivez ? J’avoue avoir eu un peu de mal à m’y retrouver au début avec les personnages… mais leurs liens ne sont pas si importants). 
Maude revient du Moyen-Orient, où elle a passé les trente dernières années de sa vie, et s’enthousiasme autant à propos de ce qu’elle y a vécu que de ce qu’elle retrouve en Angleterre. Cependant, le lendemain de son arrivée, Mariah la retrouve étendue sur son lit, morte. Elle soupçonne rapidement quelqu’un de la famille de Maude de l’avoir empoisonnée, et part donc enquêter.

Ce roman a été l’occasion pour moi de découvrir Anne Perry, moment que j’attendais avec impatience depuis un certain temps. On pénètre avec délice dans l’Angleterre victorienne, une époque remplie de bienséances et de puritanisme : ainsi, on peut se retrouver obligé de fêter Noël en compagnie d’une ex-belle-mère acariâtre juste parce qu’il serait trop impoli de refuser. Le style et le ton d’Anne Perry sont plein de dynamisme et d’humour, ce qui rend l’histoire passionnante, en particulier les descriptifs des préparatifs de Noël et le récit des aventures exotiques de Maud. 
Quant à l’intrigue policière, elle souffre malheureusement du manque d’épaisseur du livre : l’intrigue met du temps à se mettre en place, ce qui ne laisse pas beaucoup de place à l’enquête elle-même. On ressort au final plutôt frustré du manque de développement, ce qui est dommage car quelques jours supplémentaires en compagnie des personnages, qui ne sont pas très élaborés, aurait été un grand plaisir.

En bref : un bon roman policier, empli d’un esprit de Noël réjouissant, mais dont l’intrigue pêche par sa minceur.

lundi 10 janvier 2011

C'est lundi, que lisez-vous ?

D'après une idée de Mallou

La semaine passée
J'ai lu A contresens de Tom Liehr, une jolie découverte d'un auteur allemand, qui m'a rappelé Nick Hornby et Jonathan Coe, grâce à un partenariat avec Blog O Book
 J'ai repris Une année à la campagne, compilation de réflexions et d'observations sur la nature, de Sue Hubbell
Egalement niveau BDs un classique, mais qui est toujours aussi plaisant : Astérix et les Goths

Cette semaine :
La tour des anges, le tome 2 de la trilogie A la croisée des mondes de Philip Pullman
Et je continue Une année à la campagne

Prochains livres :
Colombo Chicago de Mary Anne Mohanraj
Le coeur régulier d'Olivier Adam
Après mes lectures en cours, je partirai donc en Asie, puisque l'auteure de Colombo Chicago est d'origine Sri-lankaise et que Le coeur régulier se passe au Japon !
Et vous, que lisez-vous ?