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mardi 23 juin 2015

Enola Holmes, tome 1 : la double disparition de Nancy Springer


Holmes.. Ce nom vous dit quelque chose, non ? Oui, nous parlons bien du fameux détective Sherlock Holmes... Serait-il marié dans ce roman ?

Que nenni, il s'agit ici de sa petite soeur, inventée par Nancy Springer, vivant seule avec une mère plutôt excentrique qui fait preuve d'une grande liberté pour une époque où les femmes devaient conserver le rôle que la société leur attribuait.
Enola a été élevée ainsi, par une femme veuve qui n'a plus de comptes à rendre à la gent masculine : malgré son âge, elle porte des pantalons pour se promener dans la campagne, bien plus pratiques que les fanfreluches ! 

Mais le jour de son 14ème anniversaire, sa mère disparait... Pour régler ce fâcheux problème, les deux frères aînés d'Enola refont surface. Impatiente à l'idée de rencontrer ces frères dont elle a tant entendu parler, la jeune fille est bien vite déçue lorsqu'elle s'aperçoit qu'ils désapprouvent l'éducation libertaire qu'elle a reçue et que sa condition d'adolescente, et de femme font deux bonnes raisons pour qu'ils décident sans la consulter de ce qui sera le mieux pour elle : aller dans une école de jeunes filles convenable. Finies les tenues peu dignes d'une jeune fille, il va falloir se plier aux conventions de la société victorienne !

Mais leurs préjugés empêchent les deux frères, et Sherlock en particulier (pourtant détective reconnu !) de voir certains indices qu'Enola remarquera... Laisser deux hommes qu'elle rencontre pour la première fois décider de sa vie et de son avenir ? Fidèle à l'éducation que sa mère lui a prodiguée, Enola ne peut le supporter et prendra son avenir en main... En commençant par retrouver sa mère !




Voilà un roman jeunesse que l'on voit passer depuis un bon moment, et cela faisait des années que je souhaitais découvrir cette série ! C'était à raison, car j'ai vraiment aimé ce premier tome.

L'héroïne en est la raison principale : terriblement attachante, avec un caractère bien trempé, Enola n'hésite pas à prendre son destin en main quand elle voit qu'elle ne peut rien attendre des adultes qui l'entourent, et refuse de se plier aux règles pourtant rigides, de la société dans laquelle elle vit. Elle n'a pas froid aux yeux, même si elle reste une jeune fille qui a vécu à l'abri du danger, et sera par conséquent parfois complètement dépassée par les événements !

Le roman ne manque pas de rythme, et les péripéties se suivent rapidement sans laisser le temps au lecteur de s'ennuyer. L'héroïne a de l'humour, ce qui rajoute du piquant au récit.
Bien sur, le tout reste un peu anachronique... Il est difficilement concevable qu'une femme puisse si facilement s'émanciper des conventions très strictes de la société victorienne et soit féministe à cette époque... Mais cela reste un détail et n'a en rien gâché le plaisir de ma lecture.

Ce livre est le premier tome d'une série : vivement la suite !

D'autres avis chez les copines : Syl, George et Soukee qui avait bien moins aimé

vendredi 28 novembre 2014

La princesse des glaces, Camilla Läckberg


Chronique d'un livre lu il y a maintenant un an...

Le Résumé (merci la 4e de couv', ma lecture remonte à trop loin pour pouvoir redire précisément l'intrigue) :
Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'œuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.  

Après avoir tant entendu parler de la saga de Camilla Läckberg, une des têtes de file du polar suédois, j'ai enfin décidé de me lancer malgré des réticences liées aux commentaires négatifs que j'avais pu entendre sur ces romans. Les romans "à la mode" que tout le monde lit ont tendance à me repousser, ce qui explique pourquoi j'ai attendu si longtemps, comme ça avait déjà été le cas pour Millenium...
Mais lorsque je suis partie en vacances sur la côte Ouest de la Suède (plus bas que Fjällbacka puisque j'étais à Göteborg), c'était l'occasion rêvée !

 L'île Dönsö (photo personnelle)

Ce livre diffère des autres polars suédois auxquels on a habituellement affaire, premièrement puisque le héros n'est pas un homme mais une femme ! Ensuite, nous avons bien un inspecteur masculin, mais ô surprise, il n'est ni divorcé, ni dépressif, ni alcoolique ! Voilà qui achèvera de distinguer Camilla Läckberg de ses confrères...

Blague à part, le fait que l'enquête soit menée par deux protagonistes, dont une, écrivain, qui le fait pour la rédaction d'un livre apporte beaucoup de fraicheur et de renouveau. J'ai beaucoup aimé le personnage d'Erica, et adoré les instants liés à la rédaction de son manuscrit...
L'enquête policière reste très classique, mais ce qui fait la force de ce roman, c'est tout le reste. On plonge en effet dans le quotidien des personnages, dont les chemins se croisent à multiples reprises dans la petite ville de Fjällbacka...
J'ai tout de même été très agacée par l'aspect caricatural des caractères de certains personnages (le chef du commissariat, la soeur d'Erica et son mari...), mais Camilla Läckberg réussit malgré cela à faire aimer ses personnages et j'ai au final passé un bon moment.

photo personnelle

Il fait si bon vivre dans ce ravissant village... Les petites maisons rouges (les stugas, cabanes de bord de mer), le port de pêche, les maisons avec baie vitrée qui donnent sur la baie... Pendant toute la lecture, on se prend à rêver de vivre à Fjällbacka.

photos personnelles

Sans doute parce que l'extérieur peut être si inhospitalier, les suédois ont à cœur de faire de leurs maisons des endroits douillets, des cocons. On s'y sent immédiatement bien, à l'aise. La clarté apportée par le blanc traditionnel des maisons suédoises est contrebalancée par le parquet traditionnel et les tapis que l'on voit dans les demeures typiques.

On aimerait pouvoir rejoindre Erica dans sa maison familiale, mettre un plaid autour de ses épaules et prendre un café dans la véranda en admirant la vue...

Sources : *, *, *, *
J'imagine la maison d'Erica comme cela... Ca fait rêver non ?

Malgré ses défauts, ce roman est donc bourré de charme et Fjällbacka deviendra sans hésiter une escale de choix pour mes lectures estivales ! Avant de pouvoir y aller vraiment un jour !

 Depuis, je me suis régalée avec le tome 2 et je savoure le fait qu'il me reste de nombreux tomes à découvrir !

mardi 29 juillet 2014

Chocolate chip cookie murder et les cozy mysteries

 

Hannah a 25 ans et tient dans la petite ville de Lake Eden (dans le Minnesota) The Cookie Jar, boutique où les clients se bousculent pour savourer ses cookies.
Elle a beaucoup à faire entre sa boutique, sa mère qui alpague tous les célibataires du coin pour les caser avec elle ou encore sa sœur qui lui confie la garde de sa petite fille sans prévenir... Voilà qu'elle se retrouve en plus mêlée au meurtre de son ami Ron, livreur de lait de la « Crazy Cow Factory ». Qui a pu tuer ce jeune homme sympathique et aimé de tous dans la communauté de Lake Eden ?
Entre deux fournées de cookies, Hannah commence à mener l'enquête...

J'ai découvert ce roman en anglais (malheureusement non traduit en français) en même temps que le genre auquel il appartient : le cozy mystery.

Kézako les cozy mysteries ?


Ce genre typiquement anglo-saxon désigne des romans policiers dont le héros (il s'agit généralement d'une femme), pratiquement toujours amateur, se retrouve confrontée à un meurtre qu'il va résoudre. Ils sont appelés « cozy » à cause de l'ambiance chaleureuse (en apparence!) dans laquelle ils se déroulent, où la violence est absente ou tournée en dérision par le biais de l'humour. 
Se déroulant dans une petite communauté où tout le monde se connait, la profession du héros l'amène souvent à rencontrer ses voisins, ce qui facilite la résolution de l'enquête ! Rajoutons à cela que cette profession se déroule souvent dans un cadre sympathique (ici Hannah tient un magasin de cookies, on peut également voir des libraires ou bibliothécaires, fleuristes, gérants d'un salon de thé, restaurant...).


Si vous voulez en savoir plus, un site en anglais donne plein d'informations et d'idées de titres, par ordre alphabétique ou par thème (histoire de voir qu'il y en a pour tous les goûts!).
Peu traduits en français, on peut quand même citer les enquêtes de Miss Marple de la célèbre Agatha Christie, les enquêtes d'Aurora Teagarden de Charlaine Harris, Flavia de Luce d'Alan Bradley, Heather Wells de Meg Cabot (mon avis ici), la série Stephanie Plum de Janet Evanovich ou encore les enquêtes du chat qui... de Lilian Jackson Braun. Par extension, les enquêtes de ma chère Alice Roy peuvent aussi entrer dans un genre bien large et sujet à interprétations, comme vous le voyez !


Suite à cette interlude, revenons à Hannah !
C'est une lecture gourmande, qui fait saliver, parfaite notamment pour se réchauffer en hiver ! 
J'adore ce genre de romans où l'intrigue est partagée entre le déroulement de la vie quotidienne (notamment dans la boutique d'Hannah) et un événement qui va créer de nombreux rebondissements (forcément, s'il était absent, il ne se passerait pas grand chose et ça deviendrait ennuyeux...). On suit également les tribulations amoureuses de la pauvre Hannah que sa mère s'obstine à vouloir marier à n'importe quel mâle qui passe dans le coin !
Malgré son côté suffisant (elle sait mieux que tout le monde quoi faire, y compris son beau-frère qui est pourtant... le policier chargé de l'enquête !), Hannah reste un personnage naturel, qui pourrait être votre voisine et à qui on s'attache. J'ai dévoré avec beaucoup de plaisir ce roman, même s'il ne révolutionnera pas la littérature...

Enfin, notons une des qualités du livre qui n'est pas la moins importante : les chapitres sont ponctués des recettes des cookies qu'Hannah cuisine, de quoi se régaler !

J'ai testé celle des crunchy chip chocolate cookies, qui ajoute des corn flakes pour donner le côté croustillant (« crunchy ») en plus... Très faciles à faire (je les ai faits avec une ado de onze ans) et bien bons !

Traduction personnelle

Les proportions sont en "cup", tasses... à vous de voir la taille de la tasse pour savoir si vous en voulez beaucoup !
1 tasse de beurre fondu
1 tasse de sucre blanc
1 tasse de cassonade
2 cc de levure
1 cc de sel
2 cc d'extrait de vanille
2 oeufs
2 tasses et demi de farine
2 tasses de corn flakes réduits en miettes
1 à 2 tasses de pépites de chocolat (je préfère les faire moi même avec du chocolat à patisser personnellement...)

Faire préchauffer le four à 190°C
Faire fondre le beurre, ajouter les deux sucres et mélanger. Ajouter la levure, le sel, la vanille et les oeufs battus. Bien mélanger. Incorporer la farine et mélanger à nouveau. Ajouter les corn flakes en miettes et les pépites de chocolat, puis bien mélanger le tout.
Faire des boulettes de la taille d'une noix avec les doigts et les poser sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé légèrement graissé. Les aplatir avec une fourchette recouverte d'un peu de beurre ou de farine pour que ça n'accroche pas.
Cuire pendant 10 mn voire plus selon la puissance de votre four.
Sortir les cookies du four, les laisser reposer pendant 2mn avant de les disposer sur une grille jusqu'à ce qu'ils soient froids (cette dernière étape est importante, c'est celle qui leur permet de devenir croustillants).

Régalez-vous !!

 

jeudi 28 novembre 2013

L'air d'été est rempli de promesses, une enquête d'Isabel Dalhousie, Alexander McCall Smith

Enfin un billet lecture par ici... La panne d'écriture est derrière moi, j'espère !


Nous retrouvons dans ce nouveau tome la philosophe et détective à ses heures perdues Isabel Dalhousie. Sa vie a bien changé depuis les premiers tomes : mariée et maman d’un petit garçon, elle respire la joie de vivre… Mais s’il y a bien quelque chose qui n’a pas changé, c’est sa capacité à se retrouver mêlée aux problèmes des autres.

Cette fois-ci, c’est carrément une voisine qui en entendant parler du problème d’un de ses amis lui a conseillé de s’adresser à Isabel ! Duncan Munrowe l’invite donc dans son château à l’écart d’Edimbourg pour lui raconter le malheur qui lui est arrivé : à l’occasion d’une journée du patrimoine où sa demeure était ouverte au public, on a dérobé le tableau le plus précieux de sa collection, un Poussin auquel il est infiniment attaché.
Rapidement, les voleurs se font connaitre et réclament une rançon… Peu importe pour Duncan, le plus important est le tableau. Isabel va donc l’accompagner dans le jeu de piste lancé par les voleurs…


Bien que je n’aie pas lu tous les tomes de la série des enquêtes d’Isabel (celui-ci est le neuvième), j’ai retrouvé son univers avec un grand plaisir. Hormis sa vie qui a changé depuis son mariage et la naissance de son fils, on la retrouve égale à elle-même, toujours pleine de bonne volonté envers les autres et se lançant dans des réflexions philosophiques à partir de chaque situation du quotidien. Cet aspect qui peut rebuter certains lecteurs est sans doute ce qui m'a le plus plu. L'enquête n'est finalement qu'un prétexte, et passe parfois au second plan. Certes, ces réflexions ne vont parfois pas bien loin, et le but du roman n'est pas de se transformer en essai de philosophie ; mais cela fait son originalité.


Edimbourg, vue depuis Calton Hill (source)

L'un des principaux atouts d'une série est de s'attacher aux personnages, les connaitre de mieux en mieux et les voir évoluer. Une grande partie du plaisir que j'ai eu à me plonger dans ce roman était de retrouver des personnages que je connaissais, mais également de les voir évoluer, changer. Isabel semble dans ce tome bien plus heureuse, en paix avec elle-même et les autres. J'ai été étonnée de me réjouir pour le bonheur d'un personnage fictif, mais il est vrai que plus les tomes passent et plus j'apprécie ce personnage et son univers.

 L'écriture d'Alexander McCall Smith est fluide, drôle, on ne voit pas le temps passer. Ses romans sont à savourer par des après-midis d'automne ou d'hiver, avec un thé, des shortbreads et un plaid (à motifs écossais of course! ;)

Editions des Deux Terres, septembre 2013, 296p.

Le billet de Milly sur le roman

lundi 18 février 2013

L'étrangleur de Cater Street, Anne Perry


La vie d'une jeune fille britannique des années 1880 n'est pas de tout repos : les contraintes sociales, séances de piano et ouvrages de broderie se succèdent autant que les interdits : répondre à sa grand-mère, lire le journal, réservé aux hommes...
La jeune Charlotte Ellison qui n'a pas sa langue dans sa poche et déteste être cantonnée aux séances de tea-time entre femmes où les ragots pleuvent rêve de plus. Elle est secrètement amoureuse de Dominic, le mari de sa grande soeur Sarah, et vit dans le silence cette passion tragique. Car Charlotte a aussi un côté follement romantique sous ses airs de suffragette avant l'heure.

Cette vie au cadre rigide ne va pas s'améliorer lorsque le quartier de la famille Ellison devient le théâtre d'une série de meurtres toujours opérés sur le même mode : des femmes seules sont étranglées par un mystérieux agresseur dans Cater Street et ses environs le soir après la tombée de la nuit.
Quelle déplaisante affaire, d'autant que la première victime n'est autre que la bonne des Ellison et que la police en la personne de l'inspecteur Pitt vient enquêter... Qu'il est désagréable celui-là, avec ses manières d'homme d'une classe bien moins élevée que celle de Charlotte ! Mais rapidement le franc-parler de cette dernière ne laisse pas l'inspecteur indifférent.


Ce tome est donc le premier de la série des enquêtes de Charlotte et Thomas Pitt (oops spoiler ! Bon je crois que ce n'était un secret pour personne que malgré leur première rencontre assez hostile, ces deux là finissent ensemble...) de la reine du polar victorien Anne Perry.
Après un raz-de-marée perryesque sur les blogs en mars dernier, un challenge a été lancé par Syl et j'en ai profité pour découvrir enfin cette série que je souhaitais lire depuis si longtemps.


The tea, Mary Cassat, 1880


Malgré le fait que j'ai lu ce roman en mai dernier (je n'avais jamais fait mon billet), j'en garde un souvenir assez net, ce qui est un excellent signe. J'ai particulièrement apprécié être immergée dans cette ambiance so british et parfaitement victorienne.
L'héroïne Charlotte a tout de suite gagné ma sympathie par sa frustration sur son sort du à son genre. Elle refuse de se cantonner à des après-midi passées à broder ou boire du thé et rêve de plus, tout en restant très conditionnée par les normes : elle rejette tout d'abord violemment cet inspecteur Pitt qui a l'audace d'oublier son rang social.

Malgré une fin précipitée (sans dévoiler la fin à ceux qui n'ont pas lu le livre, je me demande tout de même comment cela se fait que la famille se remette si bien de cette fin !), j'ai beaucoup apprécié cette lecture que j'avais associée à de nombreuses tasses de thé et bains de soleil dans des parcs au printemps dernier.

La seule raison qui m'a empêché de lire la suite est que j'oublie tout le temps le titre du second tome lorsque j'arrive à la bibliothèque !

Les avis de George, Asphodèle, Nath Choco qui en parlent très bien !


lundi 11 février 2013

Noël sanglant, Kjetil Try


Résumé de l'éditeur :

9 décembre 2007 - Reidar Dahl reçoit l'ovation du public pour son interprétation de Joseph dans L'Évangile de Noël. Ce succès sera de courte durée car le lendemain, Reidar s'est volatilisé. Nul ne peut expliquer cette disparition. Lorsque l'inspecteur Lykke découvre les organes du comédien dans le congélateur de ce dernier, il devient évident pour lui qu'il ne s'agit pas d'une affaire banale... Une religieuse disparaît également quelques jours plus tard. Là encore, on ne retrouve plus que ses organes. Puis, c'est au tour d'un âne... Commence alors une véritable course contre la montre pour l'inspecteur, qui sait qu'il doit arrêter le responsable avant qu'il n'accomplisse son terrible dessein...

Voici pour les amateurs de polars nordiques le petit dernier dans la famille des norvégiens !
Lykke est un héros typique de ce genre de romans, la quarantaine, obsédé par son travail au détriment de sa famille, qui dort à peine et mange n'importe quoi (quand il mange...).
Bref, vous l'avez compris, ce n'est pas l'originalité du personnage principal pour un roman du genre qui constitue l'atout principal de ce roman.

En revanche, malgré cela, l'inspecteur est un personnage que l'on prend plaisir à découvrir, tout comme ses collègues. Ses doutes sur ses capacités à mener l’enquête à bien et trouver le coupable le rendent "accessible" et attachant malgré une apparence froide au premier abord.

Oslo (source)

J'ai regretté ne pas voyager un peu plus dans la ville d'Oslo (hormis au début) où se déroule l'enquête, mais l'intrigue prend une tournure intéressante à partir delà moitié du roman, ce qui m'a fait bien vite oublier cet aspect.
Seul vrai regret, la conclusion ! Lorsque l'enquête est enfin résolue, le livre se termine d'une façon vraiment abrupte : on à peine le temps de digérer ce qui vient de se passer, et un chapitre de plus avec les personnages ne serait pas de trop...

Au final, je ne conseillerais pas en priorité ce roman à une personne qui aimerait découvrir le polar nordique, car j'ai plus apprécié d'autres romans du même genre. En revanche, pour les adeptes du genre en mal de nouveautés, voici un nouvel inspecteur à suivre !

mercredi 2 janvier 2013

Une (irrésistible) envie d'aimer, Meg Cabot


Meg Cabot fait désormais partie des auteurs dont je retrouve les livres toujours avec un grand plaisir. Cela faisait un moment que je voulais découvrir cette série, qui semblait être plus adulte que les autres, notamment les Princess Diaries. 

J’y ai fait la connaissance de Heather, ancienne pop star, qui était la reine des supermarchés quand elle avait quinze ans, mais qui aujourd’hui mène une vie bien différente : sa mère s’est enfuie avec son producteur (en prenant au passage tout son argent) et a quitté son petit ami et sa maison de disques lorsqu’elle en a eu marre des chansons ras les pâquerettes qu’on lui proposait. Sans famille et sans argent, la voilà donc directrice adjointe du dortoir de la résidence de l’université de New York (car oui c’est un dortoir, mais pour donner une impression de confort et de sécurité supplémentaires aux étudiants, on dit résidence. Meg Cabot semble partager mon agacement face aux gens qui préfèrent appeler un chien un chat...) et partageant la maison du frère de son ex, Bradjason (j'avoue, je ne me souviens plus de son nom, mais on va dire qu'il s'appelle comme ça), pour lequel elle craque complètement, forcément.
Sa vie n’est donc déjà pas simple, mais en plus, des événements étranges se déclenchent dans sa résidence : des jeunes filles en apparence bien sous tous rapports et plus du genre bosseuses que fêtardes sont retrouvées mortes dans la cage d’ascenseur. Tout le monde pense qu’elles s’adonnent à la pratique du « surf » qui consiste à sortir par la porte de secours d’un ascenseur pour se retrouver sur la cabine et ensuite sauter d’ascenseur en ascenseur quand ceux-ci se croisent (bon j’avoue que je vois pas forcément comment c’est possible, j’ai comme l’impression que nos ascenseurs ne sont pas pareils qu’aux USA, mais passons).
Alors que tout le monde traite l’affaire avec un certain dédain, Heather est persuadée que ce ne sont pas des jeux alcoolisés qui ont mal tourné, mais bel et bien des meurtres. Pour le prouver, elle commence donc sa propre enquête avec l’aide de Bradjason, qui en plus d’être beau et sympa (et de posséder en vrai un prénom moins pourri que Bradjason), exerce le mystérieux métier de détective privé (j’avoue que ça a un côté film noir des années 30 et chapeau mou qui en jette, non ?).

Je ne vous en dis pas plus sur l’intrigue, à vous de découvrir le fin mot de l’histoire en lisant le livre ! L’enquête policière n’est pas exceptionnelle, mais ce qui importe surtout dans ce livre, est le personnage d’Heather, doté d’une personnalité si peu conventionnelle par rapport à la plupart des héroines qu'on rencontre dans ce genre de romans. Déjà, Heather a un passé peu atypique : enfant-star, elle a connu la retombée du succès, qui l’a endurcie et lui a donné du caractère. Les scènes où elle a affaire à son ex mou du genousont irrésistibles, et je les ai lues en criant intérieurement : "GO HEATHER!!"
En plus, elle demeure profondément gentille et généreuse, et se donne corps et âme pour empêcher qu’il y ait de nouvelles victimes parmi ses étudiants. Malgré ça, elle n’est pas parfaite et c’est tant mieux : depuis la fin de sa carrière, elle a pris du poids, et se le fait souvent remarquer. Sa difficulté à gérer son image d’elle-même et le regard des autres est très juste et touchante.D'autant plus que si elle n'aime pas se faire traiter de grosse, elle aime encore moins les régimes et les légumes vapeur (sur ce point, on la comprend très bien).

En résumé, un livre qui divertit, mais qui le fait très très bien, avec un personnage attachant que j’ai hâte de retrouver pour la suite (ouiiii je veux savoir si elle va finir avec son détective ! Promis pour le tome suivant je vous retrouve son nom). C’est pour toutes ces raisons que j’aime Meg Cabot et que c’est toujours un bonheur de lire ses livres !

samedi 21 avril 2012

La femme en vert, Arnaldur Indridason


Résumé :
Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain. Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. 


Dans la femme en vert, nous retrouvons le commissaire Erlendur, rencontré dans La cité des jarres (également publié chez Points), plongé dans une enquête qui nous fera faire un voyage dans le passé, pour retrouver l’époque de la Seconde guerre mondiale…
Parmi les séries d’enquêtes policières scandinaves, devenues innombrables dans le paysage littéraire, Arnaldur Indridason rencontre un certain succès. Si j’avais aimé le premier tome tout en lui trouvant des défauts, ce second tome m’a conquise.

L’enquête, tout en restant plutôt classique, est vraiment agréable à suivre. Plus les pages défilent, et plus le suspense monte, jusqu’à la fin. Je ne pouvais plus décrocher du livre, happée par l’histoire.
Le second élément de ce roman, ce sont les personnages. On a un peu (trop) l’habitude des flics nordiques divorcés, seuls, ayant un penchant pour la bouteille et pas très bien dans leur peau… Pourtant, malgré cela, Erlendur est parvenu à me faire oublier cette image clichée. Ses questionnements, sa relation avec sa fille et le souvenir douloureux de la mort de son frère lorsqu’il n’était qu’un enfant en font un vrai personnage attachant, et pas seulement un pion chargé de mettre en scène l’enquête.

L’originalité de ce roman est également d’accorder une importance particulière à la victime du meurtre, et à son entourage. C’est une histoire poignante, de maltraitance qui ne peut que toucher par sa justesse, sans en faire trop. On découvre aussi la vie de l’Islande pendant la guerre, sous occupation d’abord britannique, puis américaine.

En bref, une très bonne enquête, des personnages touchants et un plus par rapport à d’autres histoires policières… Découvrez Erlendur et l’Islande dans cette formidable série !

vendredi 13 avril 2012

Les aventures de Stéphanie Plum, tome 1 : La prime


Aujourd’hui, je vous propose un petit voyage dans le temps. Are you in?

Tout d’abord, pour bien se mettre dans l’ambiance, une petite chanson à écouter avant de lire la suite de ce billet.

On est bien dans les années 90, les couleurs fluo ont la côte, les chemises en jean aussi, on écoute du rap et on porte des shorts en lycra.
Des shorts en lycra ? Eh oui, vous croyiez que ce roman était une enquête policière, mais que nenni, c’est une ôde au short en lycra !

Stephanie a une trentaine d’années, vit dans une petite ville poussiéreuse du New Jersey, et connait un moment plutôt difficile : licenciée et sans possibilités de retrouver un boulot, elle se fait enlever sa voiture pour rembourser ses factures non payées, et se voit obligée de vendre tous ses meubles et accepter les tupperwares des restes du diner quand elle va manger chez sa mère pour tenir le coup.


C’est pourquoi elle va voir son cousin Vinnie, qui tient une agence de recouvrement de primes pour qu’il lui donne du boulot (il s’engage à payer les cautions de personnes inculpées tout en garantissant qu’ils paraitront devant le juge. S’ils ne le font pas, il envoie ses chasseurs de primes remettre le grapin sur les personnes en question). Ca tombe bien, l’un de ses employés est en congé maladie, et elle le convainc de lui confier le dossier Morelli, dont la prime de 10 000 dollars lui permettrait de sortir la tête hors de l’eau.
Mais y-a-t-il seulement les 10 000 dollars pour la motiver ? Il se trouve que Morelli l’a séduite alors qu’elle avait 16 ans et lui vendait un pain au lait, puis est parti et ne l’a jamais rappellée... Etre celle qui le ramène serait donc une vengeance savoureuse... même si elle lui a déjà roulé dessus “par erreur”, cela lui ferait sans doute du bien non ?



Et les shorts en lycra dans tout ça me direz vous ? Eh bien, ils sont au coeur du roman puisque tous les personnages féminins, ou presque, en portent, ce qui vous donne le ton sur l’ambiance 90’s qui règne dans ce bouquin, et soooo american baby. Stephanie roule dans une voiture aussi polluante que l’Etat du Luxembourg, mange des pizzas pleines de graisse achetées au boui-boui du coin et se rafraichit en buvant du Coca.

Je n’avais pas de surprises sur l’intrigue, mais j’ai tout de même lu avec un très grand plaisir ce roman, grâce à Stephanie, l’héroine qui ne se laisse jamais démonter même quand elle est au bout du rouleau. Les situations dans lesquelles elle se retrouve sont très drôles, et les personnages secondaires rajoutent à ce joyeux bazar (big up à la grand-mère de Stéphanie, qui elle aussi veut porter des shorts en lycra !)

You want me to give you my lycra shorts granny? haha in your dreams...

J’ai déjà hâte de lire le second tome !


Un film est sorti il y a deux ou trois mois, avec Katherine Heigl (sous un titre français affrreeeeeeux, "Recherche bad boys désespérémment". J’avais tellement honte de dire ce nom au ciné que j’ai été soulagée de pouvoir acheter mon billet à une borne automatique...). C’est une actrice que je n’apprécie pas particulièrement, mais elle ne s’en sort pas mal du tout dans cette adaptation, et l’atmosphère so american dont je vous parlais ressort bien (les 90’s un peu moins, les vêtements des personnages ne sont pas aussi ringards, mais bon ça ne gache pas notre plaisir !)


A lire et voir pour passer un bon moment, avec une grosse pizza et du coca of course!

jeudi 16 février 2012

Millenium, tome 1 : les hommes qui n'aimaient pas les femmes



Résumé de l'éditeur 
Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans.
(j'ai coupé, je trouvais que ça en disait trop, et puis les intrigues de romans policiers, on sait toujours un peu ce qu'elles sont...)

Cela fait un moment que je suis baignée dans la culture suédoise, ayant vécu dans ce pays pendant un an il y a trois ans (comme le temps passe vite). Et quand je disais autour de moi que j’allais y aller, que j’y vivais, puis quand je suis rentrée, que j’en venais, une personne sur deux me parlait de Millenium. Classique. Sauf que je n’avais pas lu cette saga, étant plus branchée Mankell à l’époque, et que tout le tapage médiatique qui était fait ne me donnait pas du tout envie de m’y mettre.

Maintenant qu’on est passé à autre chose, et surtout que le grand public a vu qu’il y a autre chose dans la littérature suédoise que Millenium (le Salon du livre de l’an dernier a joué un peu de ce côté je pense !), j’ai laissé de côté mes réticences et me suis laissée embarquer aux côtés de Mikael et Lisbeth.

 Les couvertures suédoises ressemblent vraiment à des magazines, je trouve ça vraiment bien fait !

Le début a été rude, surtout à cause des conversations économiques qui ne m’intéressaient guère (on ne dirait pas que j’ai étudié cette matière), mais une fois l’enquête lancée, j’ai complètement accroché. L’histoire ne ressemble pas à n’importe quel autre polar suédois, ce qui explique sans doute son succès.
J’ai parfois trouvé que le rythme était un peu mou, mais avec le recul, cela permet à Blomkvist de tourner en rond, de ressasser les éléments de son enquête, de chercher la faille qui lui permettra de résoudre l’énigme. Et quand il a découvert le premier indice, mon cœur s’est emballé, j’étais excitée comme si j’avais été à ses côtés à l’intérieur du roman.
Les personnages sont vivants, complexes, pas caricaturaux : ils ont du relief. Mikael Blomkvist n’est pas l’un de ces éternels flics suédois divorcés, solitaires avec un penchant pour la bouteille. Et je ne vous ai même pas parlé de Lisbeth, ce personnage hors du commun, qui fait presque oublier son collègue. Sa solitude et ses difficultés en matière de relations sociales cachent à la fois une force de caractère incroyable et une fragilité très touchante. C’est aussi l’avantage d’un long roman : on prend le temps de côtoyer ses personnages, et on finit par les apprécier, s’y attacher. Rien que pour eux deux, je sais que je lirai la suite.

J’ai été un peu frustrée de l’ambiance. Disons que j’aurais aimé avoir l’impression être de retour en Suède, et que parfois on aurait pu sentir que le roman se passait ailleurs. Mais ce n’est qu’un petit bémol !

Comme vous l’avez sans doute vu, l’adaptation américaine (une version suédoise existait déjà !) de ce premier volet est sortie. Je compte bien aller le voir ce week end ! Et vous ?
J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune organisée par Ayma sur Livraddict. 

lundi 6 février 2012

Une irrésistible envie d'aimer / Size 14 is not fat either


Une irrésistible envie d’aimer est le second volet de la trilogie d’Heather Wells. Heather, c’est une ancienne pop star qui a connu son heure de gloire à 15 ans et a tout perdu d’un coup : son copain, sa mère, son argent. La voilà donc contrainte de travailler en tant qu’assistante du responsable d’une résidence à l’université de New York pour gagner sa vie et pouvoir reprendre ses études.
Après avoir résolu le mystère des morts de jeunes filles de sa résidence dans le premier tome, Heather se trouve à nouveau confrontée à une énigme lorsque la tête de Lindsay, une des cheerleaders les plus populaires du dortoir est retrouvée… dans une casserole sur la cuisinière de la cafétéria ! (le détail est quand même atroce et je ne sais pas vraiment comment fait Meg Cabot pour ne pas écœurer ses lecteurs). Voilà donc notre pop star à la recherche du meurtrier de Lindsay. Et s’il n’y avait que ça : il faut aussi qu’elle gère ses problèmes avec son poids, le retour de son père qui était en prison, son ex qui ne cesse de lui téléphoner, un de ses étudiants qui craque pour elle, et son béguin énorme pour Cooper, qui n’est autre que son propriétaire et le frère de l’ex-copain précédemment cité (ça va, tout le monde suit ?)


Etant parfois difficile concernant les lectures jeunesse et YA, ainsi que chick lit, il y a pourtant une auteure qui rentre dans ces catégories et qui me plait à chaque fois : Meg Cabot.
Ses romans sont toujours des moments détente parfaits, que je lis avec plaisir, qui me font rire, avec des personnages très attachants parce qu’ils ont leurs qualités mais aussi leurs défauts. Des personnages normaux, à qui il arrive des choses incroyables.

Heather est très drôle, et j’apprécie le fait que ce soit une héroïne pas tout à fait comme les autres. Elle manque de confiance en elle (elle écrit des chansons le soir dans sa chambre mais refuse de remonter sur une scène) mais ne se laisse pas démonter et fait preuve d’un certain courage quand il s’agit de ses étudiants. Les scènes avec Jordan, son ex, m’ont beaucoup fait rire et Cooper apporte la petite touche masculine en bonus qui fait toujours plaisir (il y a une scène où il est en costume avec un nœud papillon, je ne vous dis que ça !)
Bref, ce roman était un excellent Meg Cabot, parfait pour réchauffer mes soirées d’hiver, une lecture doudou à siroter avec une tasse de tisane ou un chocolat sous les couvertures. 

Je remettrai bientôt le couvert pour le troisième et dernier tome, Big Boned / Une irrésistible envie de dire oui.